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L’extrémisme islamique est un sous-produit de l‘impérialisme occidental

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Arrêt sur info — 12 avril 2016
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Il y a cinquante ans l’extrémisme islamique était pratiquement inconnu et les attentats suicides étaient inconcevables. Bien qu’il y ait de nombreux facteurs en jeu, l’une des causes principales est sans aucun doute l’impérialisme occidental.

Alors que nous peinons à faire face à la réalité des derniers attentats terroristes à Bruxelles, il est important de comprendre les causes d’un tel extrémisme. Après tout, il y a cinquante ans l’extrémisme islamique était pratiquement inconnu et les attentats suicides étaient inconcevables. Et pourtant, il semble qu’aujourd’hui nous soyons quotidiennement confrontés aux deux. Que s’est-il donc passé pour que le fondamentalisme islamique arrive sur le devant de la scène politique mondiale?

Bien qu’il y ait de nombreux facteurs en jeu, l’une des causes principales est sans aucun doute l’impérialisme occidental.

L’intervention occidentale au Moyen-Orient au cours du siècle dernier pour sécuriser l’accès aux réserves pétrolières de la région a créé l’environnement parfait dans lequel les fondamentalistes islamiques ont pu exploiter le sentiment anti-occidental croissant partout dans le monde musulman et certains d’entre eux fonder des groupes extrémistes violents. La créature la plus récente de ce processus est le groupe terroriste connu sous le nom d’État Islamique, qui émergea du chaos provoqué par l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

Afin de comprendre la montée de l’État Islamique nous devons brièvement passer en revue l’histoire de l’intervention occidentale, pas seulement au Moyen-Orient mais à travers le monde pour montrer que l’extrémisme islamique n’est pas un phénomène unique. Au cours des cinq cents dernières années, des peuples partout dans le monde ont recouru à des actes de violence que l’on qualifierait aujourd’hui de terrorisme pour tenter de résister à l’impérialisme occidental.

Les peuples autochtones des Amériques ont souvent utilisé des méthodes violentes pour se défendre contre les colonisateurs européens brutaux. Il y a aussi eu de nombreuses révoltes violentes d’esclaves noirs qui avaient été amenés d’Afrique par bateau au service de l’impérialisme occidental.

En Asie du Sud-Est, le peuple philippin a d’abord violemment résisté aux Espagnols puis s’est à nouveau soulevé lorsque les États-Unis sont devenus les nouveaux maîtres coloniaux des Philippines en 1898. Il semble que les nouveaux sujets coloniaux de Washington n’appréciaient guère le souci manifesté par le président William McKinley pour leur bien-être lorsque celui-ci déclara avec arrogance, qu’étant donné que les Philippins «n’étaient pas aptes à se gouverner, … il ne nous restait rien d’autre à faire que de les prendre tous, et d’éduquer les Philippins, d’élever leur esprit, de les civiliser et de les christianiser.»

Pendant ce temps, en Afrique du Sud, les Zoulous avaient recours à la violence pour tenter de résister aux tentatives britanniques de les «civiliser» à la fin des années 1800. A cette époque, on ne qualifiait pas de «terroristes» ceux qui résistaient violemment à l’impérialisme occidental, on disait seulement que c’était des «sauvages.»

Ces derniers ne sont que quelques exemples des innombrables tentatives qui se sont produites partout dans l’hémisphère sud pour résister à la violente et souvent brutale expansion de l’impérialisme occidental, qui outre la culture et les valeurs occidentales imposait aussi le christianisme aux peuples.

L’une des raisons pour lesquelles l’extrémisme islamique n’est arrivé sur le devant de la scène qu’au cours des récentes décennies, c’est que l’impérialisme occidental n’est qu’un fait relativement récent au Moyen-Orient. Il n’a commencé à y faire une percée sensible qu’au début du 20ième siècle. Par conséquent, nous ne sommes pas encore parvenus à soumettre par la violence les peuples de cette région au point où nous avons soumis les peuples de la majeure partie du reste du monde.

Dans certains pays du Moyen-Orient l’impérialisme occidental a initialement pris la forme du colonialisme traditionnel, qui impliquait l’exercice du pouvoir direct. Dans d’autres pays, il a mis en place une approche néocoloniale en utilisant des institutions internationales comme le Conseil de Sécurité de l’ONU, le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale ainsi que l’intervention états-unienne et européenne directe sous forme de coups d’état militaires voire de guerres pures et simples.

Tandis que les nations européennes, notamment la Grande Bretagne, avaient fait quelques incursions au Moyen-Orient à la fin des années 1800, c’est la découverte du pétrole en Iran en 1908 qui marqua l’arrivée de l’impérialisme occidental. La Anglo-Persian Oil Company (APOC) dont le siège était à Londres obtint les droits d’exploitation du pétrole iranien et, comme son principal actionnaire était le gouvernement britannique, la Grande Bretagne contrôlait de fait le secteur pétrolier iranien.

Au cours des décennies qui suivirent, il y eut des protestations importantes de la part du peuple iranien mécontent que le pétrole de leur pays fût entre des mains étrangères et que l’Iran ne reçût que 16 pourcent de sa propre richesse pétrolière. En 1950, le parlement iranien finit par accéder aux exigences de la population et vota la nationalisation du secteur pétrolier du pays. L’année suivante, le premier ministre Moahmmed Mosaddegh constitua la.

Mécontents de la décision de l’Iran de revendiquer la propriété de ses propres ressources pétrolières et de les utiliser au profit du peuple iranien, les États-Unis et la grande Bretagne ont orchestré un coup d’état pour chasser le gouvernement Mossaddegh modéré, laïque et démocratiquement élu. Le Shah Reza Pahlavi fut porté au pouvoir et le nouveau dictateur pro-occidental se pressa de rouvrir la porte de l’Iran aux sociétés occidentales. Et pour s’assurer que le Shah pût maintenir un contrôle absolu sur la population, les États-Unis lui ont procuré de l’aide militaire ainsi que la formation de sa police secrète, qui brutaliserait le peuple iranien pendant les 26 années suivantes.

Sous le régime du Shah, des travailleurs occidentaux de l’industrie pétrolière affluèrent en Iran, et la capitale du pays Téhéran devint le terrain de jeu décadent des travailleurs étrangers de l’industrie pétrolière bien payés qui s’adonnaient ouvertement à des activités non-islamiques au nombre desquelles la consommation d’alcool, les jeux d’argent et la prostitution. Et pendant que la richesse provenant du pétrole du pays remplissait les poches des étrangers et du Shah et de ses copains, la plupart des iraniens avaient du mal à survivre dans la pauvreté.

Non sans surprise, les fondamentalistes islamiques commencèrent à pointer du doigt l’impérialisme occidental et la décadence occidentale comme un affront à l’islam et au peuple iranien. Ce discours commença à avoir une certaine résonance chez de nombreux Iraniens pauvres qui étaient traditionnellement modérés. En 1979 une révolution populaire, sous la direction de l’Ayatollah Khomeini, renversa le régime répressif du Shah et établit un état islamique.

Réfléchissant sur le rôle des États-Unis en Iran, l’ancienne secrétaire d’état Madeleine Albright déclara, «En 1953 les États-Unis ont joué un rôle significatif en orchestrant le renversement du premier ministre populaire d’Iran Mohammad Mossaddegh. L’administration Eisenhower croyait que ses actions étaient justifiées pour des raisons stratégiques; mais le coup d’état était clairement un recul pour le développement politique de l’Iran. Et il est facile de voir maintenant pourquoi de nombreux Iraniens continuent à éprouver de la rancune à l’égard de cette intervention de l’Amérique dans leurs affaires internes.»

La première grande victoire du fondamentalisme islamique découla directement du renversement par les États-Unis et la Grande Bretagne d’un gouvernement laïque et démocratiquement élu et leur soutien ultérieur à une dictature brutale, tout ça pour s’assurer l’accès au pétrole. Aujourd’hui, nous devons toujours faire face non seulement aux conséquences de l’impérialisme occidental dans nos relations avec l’Iran, mais aussi au soutien de l’Iran à d’autres groupes fondamentalistes de la région comme le Hezbollah.

La même année où Iran devenait un état islamique, l’Union Soviétique envahissait l‘Afghanistan pour défendre le régime impopulaire de ce pays soutenu par les Soviétiques contre une rébellion croissante. Les rebelles moudjahidines, comme les révolutionnaires islamiques en Iran, se battaient contre une dictature soutenue par l’occident.

Cette fois, les impérialistes étaient les communistes athées de l’Union Soviétique.

L’invasion soviétique de l’Afghanistan ne fit que renforcer la force des moudjahidines car les recrues affluaient de tout le monde musulman pour contribuer à libérer le pays des infidèles étrangers. Des dizaines de milliers de recrues vinrent de l’Arabie Saoudite, ce qui contribua à ce que le mouvement fondamentaliste connu sous le nom de Wahbahism se transformât de secte marginale de l’islam, qui au départ existait principalement en Arabie Saoudite, en une force religieuse majeure à travers le monde musulman sunnite.

Les États-Unis voyaient l’occupation soviétique de l’Afghanistan à travers le prisme de la Guerre Froide et commencèrent à fournir armes et entrainement aux rebelles moudjahidines fondamentalistes islamiques. Au cours des années 1980, Washington procura aux moudjahidines des armes pour un montant de 4 milliards de dollars qui renforcèrent considérablement les fondamentalistes, et le Président Ronald Reagan fit publiquement référence à ces derniers comme «combattants de la liberté.»

L’un des moudjahidines récipiendaires de l’aide états-unienne était un Saoudien dénommé Osama ben Laden. L’objectif principal de la guerre pour ce «combattant de la liberté» était le retrait des forces militaires occidentales des terres musulmanes.

Les moudjahidines remportèrent leur guerre sainte en 1989 lorsque l’Union Soviétique retira ses troupes. Puis, en 1996, suite à une guerre civile qui opposa diverses factions des moudjahidines, celle victorieuse et récemment constituée des Talibans établit un gouvernement fondamentaliste.

Comme en témoignait un article en 1993 du quotidien britannique l’Independent, Osama ben Laden était considéré en Occident comme un guerrier, et non un terroriste, pour son rôle au sein des moudjahidines. L’article intitulé «Le guerrier anti-soviétique met son armée sur la route de la paix,» décrivait le travail de construction de routes de ben Laden au Soudan, nation très pauvre au début des années 1990.

Mais ben Laden ne construisait pas seulement des routes, avec ses combattants moudjahidines il jetait aussi les bases d’une nouvelle organisation qui prendrait le nom d’Al-Qaïda. La cible était cette fois les troupes états-uniennes basées en Arabie Saoudite et au Koweït après la première Guerre du Golfe. Par conséquent, de «combattant de la liberté» ben Laden devint «terroriste» quasiment du jour au lendemain bien que sa mission fût inchangée, seule la cible l’était.

Du point de vue de Washington, ben Laden était un «combattant de la liberté» quand il combattait contre la présence militaire soviétique en Afghanistan, mais était un «terroriste» quand il combattait contre la présence des forces militaires états-uniennes dans le monde musulman. Du point de vue de ben Laden et de ses partisans extrémistes islamiques, rien n’avait, toutefois, réellement changé. Qu’il s’agît de soldats soviétiques ou de troupes états-uniennes, les deux constituaient des forces militaires occidentales qu’il fallait chasser de terre d’islam.

Finalement, l’intervention occidentale dans le monde musulman donnera naissance à Al-Qaïda. D’abord le soutien militaire soviétique à un régime fantoche en Afghanistan, puis le soutien états-unien aux fondamentalistes islamiques qui ont formé les rebelles moudjahidines, et, finalement, l’établissement de bases militaires en Arabie saoudite et au Koweït pendant la première Guerre du Golfe.

La conséquence de ces actions impérialistes fut l’émergence de puissantes forces d’extrémistes islamiques, les Talibans et Al-Qaïda, cette dernière se nourrissant du désenchantement croissant chez les musulmans que rendaient furieux le militarisme occidentale dans le monde musulman, le soutien occidental aux régimes corrompus du Moyen-Orient, et le soutien états-unien à Israël et son occupation illégale des territoires palestiniens.

Suite aux attentats terroristes d’Al-Qaïda à New York et Washington le 11 septembre 2001, les États-Unis ont lancé leur guerre contre la terreur et ciblé le groupe extrémiste islamique en Afghanistan. Toutefois, l’administration Bush a aussi cherché à exploiter les attentats du 11 septembre pour justifier l’expulsion de Saddam Hussein du pouvoir en Irak.

Des personnages haut placés de l’administration Bush ont lancé une vaste propagande et une campagne de désinformation pour convaincre le peuple américain que Saddam Hussein était directement impliqué dans les attentats du 11 septembre et qu’il était lié à Al-Qaïda, ce qui était faux dans les deux cas. Ils ont aussi présenté Saddam Hussein comme une menace terroriste parce qu’il possédait des armes de destruction massive, ce qui était également mensonger.

Comme l’avaient démontré les rapports établis par les inspecteurs onusiens de la commission de contrôle et de vérification des armes, l’Irak n’avait plus d’armes chimiques ou biologiques; elles avaient été détruites conformément aux exigences des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui ont suivi la première Guerre du Golfe.

De plus, la campagne de propagande de l’administration Bush oublia comme par hasard de mentionner que les armes de destruction massive que l’Irak avait possédées et utilisées dans les années 1980, lui avaient été fournies par les États-Unis lorsque Saddam Hussein était leur allié contre le régime fondamentaliste qui était arrivé au pouvoir en Iran.

En mars 2003, le président George W. Bush donna l’ordre à l’armée états-unienne d’envahir l’Irak sans l’autorisation du Conseil de Sécurité de l’ONU et en violation directe du droit international. Quatre jours avant l’invasion, le vice prédisent Dick Cheney déclara, «Du point de vue des Irakiens, j’ai la conviction, qu’en fait, nous serons accueillis en libérateurs.»

Mais un an plus tard un sondage d’opinion détaillé effectué à l’échelle nationale montra que 71% des Irakiens considéraient les troupes états-uniennes comme des «occupants» plutôt que comme des «libérateurs.» Une telle réaction n’aurait pas dû être une surprise étant donné que l’invasion et l’occupation avaient fait quelques 100 000 morts irakiens.

L’occupation militaire souleva une insurrection qui chercha à expulser les troupes d’occupation étrangères. Avant l’invasion états-unienne il n’y avait pas de groupes extrémistes islamiques qui opéraient en Irak. Mais l’émergence d’un mouvement insurrectionnel aux tendances diverses et le chaos qui suivit l’invasion fut un appel d’air pour Al-Qaïda.

Et c’est à partir de ces deux entités, les insurgés et Al-Qaïda qu’est né l’État islamique fondamentaliste en 2006 (connu d’abord comme l’État islamique d’Irak et de Syrie, ou ISIS).

Après l’invasion, les États-Unis démantelèrent l’armée de Saddam Hussein et de nombreux anciens officiers au chômage finirent par rejoindre l’insurrection. Certains de ces officiers militaires conspirèrent avec une faction séparatiste d’Al-Qaïda en Irak pour former l’État Islamique. Le nouveau groupe extrémiste chercha à établir un califat islamique dans le nord de l’Irak et de la Syrie.

La guerre civile syrienne de 2011 permit à l’État Islamique de pénétrer en Syrie où il se renforça considérablement et commença à consolider son contrôle territorial. Ensuite, il recentra ses efforts sur l’Irak et infligea aisément la défaite à la nouvelle armée irakienne entraînée par les États-Unis et consolida son contrôle du nord du pays en 2014.

Pendant ce temps, l’intervention militaire de l’Occident en Libye contribua à faire de ce pays un état en faillite et ouvrit la porte à l’État Islamique lui offrant une tête de pont dans cette partie d’Afrique du Nord.

L’État Islamique a remarquablement bien réussi à recruter dans ses rangs des musulmans désenchantés un peu partout dans le monde et à leur faire commettre des attentats terroristes dans des pays occidentaux comme la France et la Belgique.

L’année dernière, même l’ancien premier ministre britannique Tony Blair a reconnu «il y a des éléments de vérité» dans les affirmations que l’invasion de l’Irak a mené à la création de L’État Islamique. Comme l’a admis Blair, «Bien sûr, on ne peux pas dire que ceux d’entre nous qui avons destitué Saddam en 2003 n’ont aucune responsabilité dans la situation de 2015.»

Répétons le, les actions impérialistes occidentales au Moyen-Orient avaient donné naissance à l’extrémisme islamique. Mais la montée de L’État Islamique n’aurait dû surprendre personne. Que l’invasion illégale de l’Irak par l’administration Bush jetât les bases de l’émergence de L’État Islamique était tout à fait prévisible.

Après tout, le renversement par l’Occident du modéré et laïque Mosaddegh et son soutien au régime impitoyable du Shah en Iran avaient été à l’origine de la révolution fondamentaliste islamique de ce pays. Le soutien militaire de Washington aux rebelles fondamentalistes en Afghanistan et l’établissement de bases militaires en Arabie Saoudite et au Koweït assurèrent l’émergence d’Al-Qaïda.

Pendant ce temps, l’impérialisme occidental dans d’autres parties du Moyen-Orient au cours du siècle dernier a aussi contribué à la montée du fondamentalisme islamique.

Tandis que la plupart des états arabes de la région ont obtenu leur indépendance après la deuxième guerre mondiale, les États-Unis et la Grande Bretagne ont au fond remis la majeure partie de la Palestine aux juifs européens pour qu’ils puissent créer l’état juif d’Israël. Et, depuis lors, Israël a reçu le soutien inconditionnel des États-Unis pour réprimer brutalement le peuple palestinien et pour violer de façon répétée le droit international, générant un sentiment anti-occidental généralisé dans tout le Moyen-Orient.

Ce n’est environ qu’après 40 ans de domination israélienne sur les terres palestiniennes que le fondamentalisme islamique et la tactique des attentats suicide firent une percée dans la population palestinienne traditionnellement modérée. Ceci se produisit avec la constitution du Hamas dans les territoires occupés au milieu des années 1980. De même, ce fut l’invasion par Israël du Liban soutenue par les États-Unis qui donna naissance au groupe fondamentaliste Hezbollah au cours de la même décennie.

Au cours des cent dernières années, le Moyen-Orient a été la cible de la même violence qu’a subi le reste du monde depuis des siècles de la part de l’impérialisme occidental. Aujourd’hui nous utilisons des termes politiquement corrects, tels que «promouvoir la démocratie» et «droits de l’homme» au lieu de «civiliser» et «christianiser,» mais ils signifient globalement la même chose parce que ce sont les dernières trouvailles pour justifier le vol des ressources et l’imposition des valeurs occidentales à d’autres cultures.

Il ne faut pas s’étonner, que comme cela a été le cas dans le reste du monde au cours des 500 dernières années, il y ait au Moyen-Orient une rancune et une colère généralisée envers l’Occident en raison de sa politique impérialiste. Et tout aussi peu surprenant, certains musulmans fondamentalistes résistant à l’impérialisme occidental ont recours à des méthodes extrémistes.

Finalement, l’une des caractéristiques les plus inquiétantes peut-être de l’impérialisme occidental dans le monde musulman, c’est le fait que chaque conséquence a été plus extrême que la précédente. Al-Qaïda et les Talibans étaient bien plus extrémistes que le gouvernement islamique qui arriva au pouvoir en Iran. Et l’État Islamique est encore plus extrémiste qu’Al-Qaïda.

Ce qui nous amène à la question: Quelle nouvelle monstruosité encore plus extrémiste sommes-nous en train de créer par nos interventions militaires et notre politique impérialiste en cours dans le monde musulman?

Garry Leech |30 mars, 2016

Garry Leech est journaliste indépendant et écrivain.

Article original: http://www.counterpunch.org/2016/03… Source: Diesel XRayD wallet aGnxYrWhPF
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Bouaké

Publié le 18/07/2018 dans

Les participants à la cérémonie d'ouverture de l'atelier de restitution du diagnostic des émissions de gaz à effet de serre à Bouaké

Bouaké, 18 juil (AIP)-Les résultats d’une étude diagnostique des émissions de gaz à effet de serre ou bilan carbone, initiée par la commune de Bouaké, avec l’appui de l’ONG NITIDAE ( ex ETC TERRA et RONGEAD), dans le cadre du projet Bouaké ville verte-Coopération décentralisée (BOVIVE-CD), ont été restitués, mardi, à Bouaké, devant le comité de pilotage dudit projet. Présenté par MM. Sacla Aïde Magloire et Ouattara Tiodionwa Abdoulaye de l’ONG NITIDAE, le rapport de l’étude montre que la commune enregistre une émission totale de gaz à effet de serre de 1.253.837 teqCO2, soit 6 à 7 % des émissions nationales, avec trois secteurs présentés comme les plus contributifs, à savoir, résidentiel (les ménages enquêtés (48,4%), l’agriculture et la forêt (30,7%)...

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Mickaël LENFANT
RD, enseignant en Sciences du Langage et com’

Le requin approche… [musique des ]. Janet Leigh prend sa douche, une ombre apparaît derrière le rideau… [musique de ] L’adolescente Regan se contorsionnant plus qu’il n’est physiquement possible… [musique de l’]. Pour nous, spectateur, aucun danger. Pourtant ces scènes nous font peur. Comment oublie-t-on que cela n’est que du cinéma? Explications.

Plutôt que de se questionner sur la nature des émotions suscitées par un film, comme peuvent le faire les philosophes (s’agit-il de vraies émotions?), Olivier Koenig, professeur de neuroscience cognitive à l’Université Lumière Lyon 2, préfère s’intéresser aux mécanismes émotionnels. Selon ce chercheur, l’un des éléments centraux de ceux-ci est l’amygdale, qui «s’active lorsqu’une personne ressent une émotion et provoque des réactions corporelles.» Ainsi, lorsque par exemple, nous sommes énervés, apeurés, cette zone du cerveau (en forme d’amande) entre en jeu. Le neuroscientifique ajoute qu’elle est également activée à la vue d’un verre d’eau si nous sommes assoiffés. Notre faculté à déterminer très rapidement ce qui est vital pour nous dépend du fonctionnement de l’amygdale. Celui-ci est inconscient, ce qui le rend très efficace, dans la mesure où la perception du stimulus n’a pas besoin d’être consciente pour que cette partie du cerveau archaïque s’active. Les images subliminales illustrent d’ailleurs bien cette particularité: si nous n’avons pas le temps de les «voir», notre amygdale, elle, les détecte et peut alors déclencher une émotion.

Du reste, la puissance des mécanismes émotionnels ne dépend pas forcément de la réalité de la situation. Que nous vivions nous-mêmes une situation, que nous nous imaginions la vivre ou que nous voyions quelqu’un d’autre la vivre ne change (presque) rien: l’émotion suscitée et la réaction de notre corps pourra (presque) être la même. Mais comment cela est-il possible? Grâce à l’intervention ici d’un certain type de neurones; ceux qui font qu’un rire peut être communicatif, que des pleurs peuvent être contagieux ou que voir quelqu’un bailler nous fait bailler: on les appelle les neurones miroirs . Ce sont les mêmes qui nous font nous cacher sous les draps lorsque, enfant, on nous raconte les histoires de sorcières, qui nous font pleurer devant (et plus tard devant Jack coulant au fond de l’océan avec le Titanic), et qui nous font nous recroqueviller quand Hannibal Lecter ou le T-Rex apparaissent à l’écran.

Au cinéma, on s’enfonce dans son fauteuil, mais on reste, on ne s’enfuit pas, souligne Olivier Koenig, parce que «quelque part», on sait que c’est faux. Selon le chercheur, ce «quelque part» se situe dans la zone médio temporale du cerveau. C’est la mémoire épisodique qui encode le contexte et qui fait que le cerveau ne réagit pas tout à fait de la même façon face à une situation virtuelle. C’est elle qui, devant un film, nous aide à nous souvenir que nous sommes spectateurs et pas acteurs.

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